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Publié le jeudi 24 juin 2010 à 06h00

Jean-Luc Hees a justifié sa décision hier, au micro de France Inter. Jean-Luc Hees a justifié sa décision hier, au micro de France Inter.


Ambiance tendue. Après Stéphane Guillon, dont le congé a été signifié mardi par le patron de Radio France, c’était au tour, hier, du non moins caustique humoriste Didier Porte d’apprendre son licenciement.




BÉRANGÈRE BARRET AVEC AFP > berangere.barret@nordeclair.fr
« Je vous soutiens. » Stéphane Bern, qui anime l’émission Le fou du roi sur France Inter, dans laquelle Didier Porte sévissait quotidiennement fustigeant les dérives du monde politique ou économique, a réagi en direct hier midi à l’annonce du licenciement de son humoriste, visiblement ému. Quelques minutes plus tôt, à la fin d’une chronique qu’il s’était efforcé de mener normalement, Didier Porte déclarait : « J’ai reçu une lettre recommandée, sans justification. Je suis viré complètement de France Inter. » L’humoriste, qui officiait également dans la matinale de Nicolas Demorand tout comme Stéphane Guillon, avait récemment reçu un avertissement de sa direction après un billet dans lequel il mettait en scène Dominique de Villepin insultant le chef de l’État.
Stéphane Guillon a de son côté fait sa dernière chronique hier. « Voilà, c’est ma dernière chronique, enfin je crois. » « France Inter, une radio de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite. Pourtant, Jean-Luc Hees, notre président, lors de son arrivée ici, avait juré de ne jamais se comporter comme la maison l’avait fait avec lui », a ironisé Stéphane Guillon. Le torchon brûlait depuis longtemps entre l’humoriste et sa direction. Ses chroniques égratignant les politiques de tous bords étaient parmi les plus téléchargées et écoutées en France. Elles ont aussi entraîné plusieurs polémiques. Mais il a également eu le tort de s’attaquer directement à Jean-Luc Hees, patron de Radio France, soulignant que ce dernier avait été nommé par le chef de l’État.

Le patron de Radio France s’est expliqué sur l’éviction de ces humoristes. « Je trouve que ce n’est pas très décent d’insulter la direction d’une entreprise comme Radio France, elle ne le mérite pas », a-t-il dit dans le journal de la mi-journée de France Inter.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. La première, hier, fut celle de Stéphane Bern qui, en direct, a pris l’éviction de Didier Porte comme « un désaveu personnel ».
Côté politique également, essentiellement de la part de la gauche. Martine Aubry a ainsi exprimé la solidarité du PS à Stéphane Guillon et Didier Porte.
L’année dernière, elle avait elle-même été la cible d’une chronique de Stéphane Guillon. « Si certains (de leurs) propos ont pu choquer, écrit-elle aujourd’hui, c’est la force et l’honneur d’une démocratie de laisser libre la parole des humoristes et leur droit à la moquerie et même à l’outrance. » L’eurodéputée d’Europe Ecologie Eva Joly a dénoncé « les attaques visant les contre-pouvoirs », estimant que « la république irréprochable » évoquée par Nicolas Sarkozy faisait « Pschitt ! ».
w

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