Qu’est que l’AMAP ?

Sur le site national, vous pourrez voir :

Les AMAP – Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne – sont destinées à favoriser l’agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance.

Fonctionnement en quelques mots

On parle beaucoup plus d’une AMAP. Une AMAP est composée de consommateurs, d’un comité de pilotage et d’au moins un producteur. Une AMAP n’a pas forcément de structure associative avec tout l’organigramme en découlant, il s’agit avant tout d’une communauté de personnes où le (ou les) producteur fournit une quantité de produits (bien souvent maraichage, mais aussi volailles, bovins, tout dépend de la production qu’il souhaite développer) à un certain nombre d’adhérents.

Principes idéologiques

  • Ce mode de distribution permet de réaliser un circuit on-ne-peut-plus court : du producteur au consommateur. Les intermédiaires classiques (grossistes, grande distribution) en relation direct avec le grand Capital (si l’utilisation de ce terme en fait sourire, je les invite à lire le livre de Christian Jacquiau intitulé « Les coulisses de la grande distribution ») sont supprimés.
  • Une relation de confiance et de co-responsabilité s’établit : le producteur est responsable de fournir une marchandise de qualité dans une quantité suffisante pour couvrir la demande. Si les conditions météorologiques ou économiques impacte la production en bien ou en mal, le consommateur en subit directement les conséquences, élevant de fait sa conscience de la réalité agricole et lui imposant une responsabilité citoyenne fondée sur cette réalité.
  • Dans la mesure des possibilités du producteur, cette démarche lui permet plus de souplesse pour diversifier et orienter ses cultures : choix de produits culturels locaux, donc diversité gastronomique et opposition au système qui impose des monocultures nuisibles à la biodiversité. Sans parler du choix évident du producteur de ne pas utiliser de produits chimiques qui sont nécessaires dans la production de masse et de rentabilité. Le producteur d’une AMAP utilise lui du fumier et de la chaux.
  • Une AMAP pouvant être lancée très vite, cela permet de créer des emplois : un jeune ou moins jeune au chômage disposant d’un minimum de motivation, de compétence agricoles et d’un terrain peut se lancer dans cette aventure.

Génèse d’une AMAP

Prenons l’exemple d’une AMAP qui est en train de se monter sur Lille. Une fille d’agriculteur bientôt en départ pour la retraite souhaite reprendre l’activité de son père. Néanmoins, la modèle économique de production de masse tel qu’il existe permet déjà difficilement aux gros exploitants rodés de survivre, mais pour un petit exploitant, ses chances de survies sont très faibles. Dans le cas d’un petit exploitant, ses solutions sont soit de distribuer sur un marché dont la fréquentation a diminué de 40% en quelques années, soit de passer par une AMAP. Et c’est pourquoi elle s’est rapprochée des AMAP qui lui ont apporté son soutien, et de fil en aiguille, un collectif de 4 bénévoles ont décidé de monter une AMAP avec elle. Ces 4 personnes forment le comité de pilotage (bien que par la suite, tout cela évolue en fonction des investissements de chacun, rien n’est figé !).

Elles décident ainsi ensemble d’établir un provisionnel comptable afin de déterminer les charges, ainsi que la capacité de production qui sera livrée aux adhérents. Il me faut ici préciser un élément important : la capacité d’un producteur à fournir des produits est exprimée en « panier » : un panier fournit généralement 4 personnes [2 adultes et 2 enfants]. Il existe une possibilité de fournir des demis panier, tiers de panies etc, cela dépend de ce que l’AMAP et son producteur décident.
Ainsi, une fois cette capacité déterminée, un nombre fixe de « paniers » est déterminé , ce nombre reste FIXE tant qu’il n’y a pas de meilleure capacité de production pour cette AMAP (si le producteur se voit par exemple fournir gratuitement une parcelle de terrain exploitable, alors la capacité pourra augmenter) !  Supposons ici que cette capacité soient de 25 paniers, soit environ 100 personnes.

Prospection d’adhérents et adhésion

Quelque soit la forme, bien souvent une réunion, le comité de pilotage prospecte en présentant le concept d’une AMAP, ainsi que toutes les caractéristiques de l’AMAP en création et de l’exploitation du producteur. Les personnes intéressées laissent leurs coordonnées et indiquent le nombre de personnes dans leur famille. Cela permet au comité de pilotage de déterminer la demande. Deux cas se présentent :

  • Si la demande est trop insuffisante, je pense que le comité de pilotage continuera sa prospection.
  • S’il y a trop de demandes, alors la prospection s’arrête là, et les inscriptions démarrent : ce seront les premiers inscrits qui pourront adhérer à cette AMAP jusqu’à atteindre le nombre précédemment donné en exemple de 100 personnes, soit 25 paniers. Ceux qui arrivent « trop tard » sont mis sur liste d’attente. Il leur faudra attendre soit : que le producteur augmente sa capacité de production, soit qu’un adhérent quitte l’AMAP. Un adhérent est généralement engagé sur une année.

Les charges du producteur ayant été calculée au préalable, et dans la mesure où l’un des principes des AMAP est de lui permettre de disposer d’une rémunération décente, cela permet in fine de déterminer un prix FIXE par panier. Ce prix varie logiquement en fonction des AMAP mais il est en moyenne de 13 à 18€ par semaine pendant un an. Chaque année, ce prix est recalculé toujours en fonction des nouvelles charges de l’année à venir du producteur et de la météorologie locale (une longue période de sécheresse désastreuse ferait augmenter les charges du producteur donc le prix par panier). Supposons que le prix soit fixé à 15€ le panier. Une famille qui prend un panier par semaine devra donc verser 780€ pour une année. Les modalités de paiement se font en fonction des possibilités de chacun : 1 seul chèque de 780€, ou 2 chèques de 290€, etc.

Exploitation et distribution

Le producteur reçoit ainsi à l’avance l’ensemble des cotisations lui permettant de réaliser son exploitation en toute tranquillité.
Les adhérents s’arrangent entre eux pour fixer un point de distribution fixe (tel endroit dans telle ville) où chaque semaine le producteur se rend avec le nombre de paniers fixé. Mais cette opération de logistique peut aussi bien être prise en charge par un adhérent ou un membre du comité de pilotage. Cette logistique comprend aussi par exemple la nécessité de veiller à ce que chaque adhérent emporte la bonne quantité de produits et que personne n’ait rien oublié.

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